Hier je me suis égaré dans un rêve. Il était lent, il était doux, il était profond… Il était beau. Hier je me suis laissé emporter par ce flot de bonheurs qui surgissent sans crier garde. Ces quelques moments inattendus qui transforment les larmes en un liquide apaisant. Ne pas se poser de questions et vivre ces quelques secondes qui finiront par durer des heures. Des heures… mais point de jours. Hier je me suis surpris à me sentir bien.
Quand mes yeux, collés par la paresse, laissèrent s’engouffrer cette raie lumineuse, mes iris explosèrent sous cette pression solaire. Une vaste étendue verdoyante apparut. Les arbres supportaient déjà leurs teintes affolantes annonciatrices de rigueur. Ces rouges chauds, ces jaunes faux et ces verts immortels. Des couleurs irréelles, immatérielles. Parfait désaccord intemporel. Le soleil et la douce chaleur qu’ils laissaient parcourir le long de ma chair me rappelaient que l’on vivait l’été.
Hier j’ai rêvé
KagliostroF, 18 novembre 2007