Etrange sensation que ce petit morceau de chair qui nous enferme dans ces infinies passions. Toujours présent, brillant par son absence. Maltraitant notre infortune.
Il est là mais se cache. Il est là mais ne dis rien. Il bat, seul et silencieux. Il résonne parfois en ces tempes sanguinolentes et effrayantes quand, sous mes pas nonchalants, il résonne et crie sa souffrance, quand sous les agressions extérieures, il me rappelle mes faiblesses et m’agite de l’intérieur. Il me noie sous les signaux et brouille toutes mes pensées. Il crie et hurle. Et pourtant ces annonces claires et lumineuses ne faisaient aucun doute. Elles étaient là. Face à moi. A tournoyer au centre de ma pupille, à se parsemer sur ma vue, à m’obnubiler en toutes circonstances, à se répandre en mon crâne et à me tirailler tant qu’elles le peuvent. Jusqu’à l’effondrement total de mon système nerveux. Cette saturation soudaine et destructive qui voit tout disparaître. Cette coupure capricieuse mais soulageant. Cette annonce soudaine mais destructive. Elles disparaissent subtilement mais sournoisement ! Elle m’enferme dans cette pièce sombre et silencieuse, cette salle vide de sens. Ces murs blancs éclatants, ces lumières éblouissantes. Ces flashs insistants. De toute part ils me transpercent. Leur noirceur est si forte que le plomb chutant en ma tête ne suffit pas à les ralentir. Tout au loin je distingue cet aveuglement. Comment espérer tant de lueur, valeur éclatante, en ces temps pourtant si sombres ? A toi qui me bat. Je dis halte. Halte au carnage. A ce supplice intérieur et transperçant. A ces envies démoniaques de raccourcissement, à ces têtes qui tombent et roulent. Tu parles, tu hurles, tu cries. Tu ripostes, me domine et me reprend. Tu me domines, me jettes et m’aimes. Tu m’habites comme personne auparavant. Tu es moi parce que je ne peux te renvoyer dans les bas fonds de mes pensées. Cette âme que tu es ne devrait exister. Alors pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi lui ? Pourquoi eux ? Je ne te veux ni ne t’aimes et malgré tout tu es là en moi. Toi qui bats. Toi qui me bats. Qui es-tu pour oser cela ? Un simple songe méprisant ? Une lueur d’été. Une chaleur intense, une envie oppressante. Tu me tues à petit feu tant tu me bats. Oppression, rébellion, dérision et perversion. Souvent absent, toujours présent. Je ne te veux plus. Tu es de trop. Beaucoup trop. Je ne te connais pas mais pourtant je te vois venir. Et toi ? Comment me connais-tu ? Comment fais-tu pour m’atteindre et m’attendre ainsi ? Tu as toujours été en moi et chaque recoin de mes sentiments t’est familier, chaque poème appris résonne en toi. Comme cette étrange femme inconnue à la chevelure changeante mais chatoyante. Va ! Va-t’en ! Pars ! Vit ! Sans moi. Cette femme ne sera jamais. Même si ma vie ne tourne. Tu m’embrasses depuis que je vis. Je sais que je devrais t’embrasser jusqu’à en mourir mais seule une vie sans toi m’attire et pourtant… Une confusion m’habite. Celle d’être moi de ne faire que ce qui me plait. Cet égoïsme qui est si prononcé en moi. Toi. Moi. Va falloir choisir tant tu es présent en cet être transcendant. Eprouvant. Désarmant. Affaiblissant. Je ne te veux en mon cœur.
Toi qui me bats.
KagliostroF, 9 octobre 2007