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Au petit toi qui me bats
09/10/2007 00:31
Etrange sensation que ce petit morceau de chair qui nous enferme dans ces infinies passions. Toujours présent, brillant par son absence. Maltraitant notre infortune.
Il est là mais se cache. Il est là mais ne dis rien. Il bat, seul et silencieux. Il résonne parfois en ces tempes sanguinolentes et effrayantes quand, sous mes pas nonchalants, il résonne et crie sa souffrance, quand sous les agressions extérieures, il me rappelle mes faiblesses et m’agite de l’intérieur. Il me noie sous les signaux et brouille toutes mes pensées. Il crie et hurle. Et pourtant ces annonces claires et lumineuses ne faisaient aucun doute. Elles étaient là. Face à moi. A tournoyer au centre de ma pupille, à se parsemer sur ma vue, à m’obnubiler en toutes circonstances, à se répandre en mon crâne et à me tirailler tant qu’elles le peuvent. Jusqu’à l’effondrement total de mon système nerveux. Cette saturation soudaine et destructive qui voit tout disparaître. Cette coupure capricieuse mais soulageant. Cette annonce soudaine mais destructive. Elles disparaissent subtilement mais sournoisement ! Elle m’enferme dans cette pièce sombre et silencieuse, cette salle vide de sens. Ces murs blancs éclatants, ces lumières éblouissantes. Ces flashs insistants. De toute part ils me transpercent. Leur noirceur est si forte que le plomb chutant en ma tête ne suffit pas à les ralentir. Tout au loin je distingue cet aveuglement. Comment espérer tant de lueur, valeur éclatante, en ces temps pourtant si sombres ? A toi qui me bat. Je dis halte. Halte au carnage. A ce supplice intérieur et transperçant. A ces envies démoniaques de raccourcissement, à ces têtes qui tombent et roulent. Tu parles, tu hurles, tu cries. Tu ripostes, me domine et me reprend. Tu me domines, me jettes et m’aimes. Tu m’habites comme personne auparavant. Tu es moi parce que je ne peux te renvoyer dans les bas fonds de mes pensées. Cette âme que tu es ne devrait exister. Alors pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi lui ? Pourquoi eux ? Je ne te veux ni ne t’aimes et malgré tout tu es là en moi. Toi qui bats. Toi qui me bats. Qui es-tu pour oser cela ? Un simple songe méprisant ? Une lueur d’été. Une chaleur intense, une envie oppressante. Tu me tues à petit feu tant tu me bats. Oppression, rébellion, dérision et perversion. Souvent absent, toujours présent. Je ne te veux plus. Tu es de trop. Beaucoup trop. Je ne te connais pas mais pourtant je te vois venir. Et toi ? Comment me connais-tu ? Comment fais-tu pour m’atteindre et m’attendre ainsi ? Tu as toujours été en moi et chaque recoin de mes sentiments t’est familier, chaque poème appris résonne en toi. Comme cette étrange femme inconnue à la chevelure changeante mais chatoyante. Va ! Va-t’en ! Pars ! Vit ! Sans moi. Cette femme ne sera jamais. Même si ma vie ne tourne. Tu m’embrasses depuis que je vis. Je sais que je devrais t’embrasser jusqu’à en mourir mais seule une vie sans toi m’attire et pourtant… Une confusion m’habite. Celle d’être moi de ne faire que ce qui me plait. Cet égoïsme qui est si prononcé en moi. Toi. Moi. Va falloir choisir tant tu es présent en cet être transcendant. Eprouvant. Désarmant. Affaiblissant. Je ne te veux en mon cœur.
Toi qui me bats.
KagliostroF, 9 octobre 2007
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Commentaire de RRdC (19/04/2009 11:14) :
Eh bien! Pour un début, c'est un très bon début. Toi qui osait hier me
dire que tu étais plus dans l'amateurisme, tu m'as bien
eu...C'est prodigieux, il y a, en plus, une mélodie faites de rimes
qui s'accentue au fil de la lecture de ce poème en prose...
J'espère vraiment que tu continueras à écrire...
En tout état cause, je vais le faire connaître ce blog!
RRdC
http://www.scribouillard.over-blog.com
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Toi ! qui t'en va
28/09/2007 11:39
Qu’ai-je fait, qu’ai-je dit ?
Et dans ce cœur qui soudain se ride
Et ces yeux qui s’emplissent de vide,
Tu t’envoles, me fuis.
Un instant, un désir.
Toutes ces pensées qui m’engloutissent,
Ces écrits qui m’oppriment. Calice !
Une envie, un plaisir.
Quelques lignes pour imploser.
Le rythme lent, pas d’une armée
Un sourire évoquant…
Un morphisme oppressant
Qui s’effrite puis se délie,
Et s’abandonne à l’informe délit…
KagliostroF, 28 septembre 2007
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Rouge sang. Rouge blanc.
27/09/2007 12:06
Le rouge sang des armes blanches n’est pas si impur. Il a beau s’écouler et de disperser le long de cette plaie affligeante, il devient rapidement marron foncé pour marquer à tout jamais. Doux globules éparpillés et lentes gouttelettes tombantes, telle une mixture infâme… mais mourant à l’état pur, se vidant de son sens à l’air libre, ne pouvant goûter cette liberté retrouvée. La nécessité de vivre enfermé n’est pas une simple représentation de la réalité. Elle s’inscrit dans le complexe mécanisme de l’intériorisation passive. Ne pas y penser serait le confirmer mais l’imaginer reviendrait à la refouler. Quiconque oserait le soudoyer risquerait de se matérialiser en cette bulle montante.
Liberté enfermée ou enfermement libérée ? L’évidence n’est pas toujours là où on l’attend. Parfois opaque, souvent dissimulée, elle joue de nos sens, de ses concepts acquis sans conscience, de ces images associées et de ces preuves irréfutables. Esprits cartésiens et fantasques s’unissent en cette déchéance. Pensez comme vous voudrez mais pensez tel que vous devrez. La solitude pourra vous éclairer mais non vous soulager.
KagliostroF, 25 septembre 2007
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Parfois n'est pas toujours ce que l'on voit
24/09/2007 11:43
La vie est parfois étrangement faite. Elle s’amuse de nos sentiments. Elle nous balance, elle nous balade, telle une carriole sur de vieux pavés. On a beau en battre le haut, certains dépassent encore. Ils nous heurtent, nous retiennent. On s’en libère, on y replonge. Sans jointures, ils nous cimentent. Sans polissage, ils nous agrippent. Sans arêtes, ils nous cisaillent. Parfaits contraires, oppositions subtiles… une harmonie cependant ! Anticipation et contrecoups règnent en maître au cours de ces détours. La roue carrée ne serait pas plus douloureuse que ces maudits pavés aux formes généreuses. S’élancer sans arrières pensées pour ne renoncer qu’à ses projets dogmatiques. Ceux-là même qui nous obsèdent quand nos choix se sont posés. Ceux qui s’immiscent dans ses songes profonds… Les desseins, enfin, qui se croisent dans les plaines reculées et dévastées de ce subconscient orphelin des idées primaires de cet être humain. Un enchevêtrement de chemins opposés filant vers le même destin : une vie sans fin.
La vie est parfois étonnamment faite. Au hasard d’un croisement, une inattendue rencontre vous ouvre la voie. N’imaginez pas qu’elle vous guidera ! Elle ne fera que fêler le loquet de l’antre cachée au fond de la vallée bordée de vos appréhensions démesurées. Ces hauts sommets ne sont que le reflet d’egos dispersés, de complexes momifiés, de désirs subjugués et d’a priori intériorisés. Reposant sur leurs socles solides, ces monts se fondent sur la splendide terreur de nos vœux enfermés. Point d’ouvertures, excepté la courbe dérobée. Mais pour la dévoiler, il suffit de laisser s’étoffer notre sentiment d’appartenance à un clan tiraillé depuis si longtemps. Une simple mise à mort orchestrée depuis l’éternité de notre naissance. Et attendre… Observer la lente fumée, guetter la pâle rosée. La fin d’un cycle, les prémices d’une envolée. S’évaporer ou se sublimer ? Il suffit de suivre ce signe. En un instant tout changera, se métamorphosera en une immaculée conception provenant des entrailles de ce terreau qui vous enserre et vous modère.
La vie est parfois subtilement faite. Tout simplement parce qu’elle nous attend sans nous contraindre. Elle nous relance dans la noirceur lumineuse d’une aventure désarmante mais à l’achèvement flamboyant. Le premier regard que l’on porte à ses aboutissements ne suggère que rarement un espoir décapant mais leurs penchants convergent en un point surplombant l’entière cité fortifiée de nos sentiments. Leurs pentes nous modèlent, les coups qu’ils nous assènent nous morcellent en fragments désordonnés. Une place à retrouver. Une histoire à reformer… ou à imaginer. Des expériences opposées désormais juxtaposées et mitoyennes. Des envies refoulées, aujourd’hui alignées. Une casse formatée. Un aveu d’impuissance transformé en un vœu de puissance. Se lamenter ne correspond qu’à l’étape d’éparpillement à surmonter entre la fuite et l’armement. Ce moment si incertain que l’on côtoie au quotidien. Cette jouissance impétueusement dissimulée parmi les pantins qui tintent à nos oreilles.
Tel un moulin broyant son grain, nos essences s’entremêlent avant d’imploser en une inconsistante fraction régurgitant nos ambitions d’union personnelles. Un signe… « Parfois »… à nous de l’apercevoir…
KagliostroF, 24 septembre 2007
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